Rencontre entre mammifères

Pablo.

Et non, depuis quelques mois ce nom ne résonne plus en moi comme le nom de la ravissante ligne de vêtements, petite sœur de Gérard Darel.

Rassurez-vous ma superficialité ne s’est pas envolée, loin de là… Mais disons que j’ai laissé sa chance au vivant avant l’accessoire.

Keskeldi?

Non, non, je ne suis pas amoureuse (enfin quoi que…), j’ai simplement adopté un lapin. Non, un lapin nain. A savoir un élément du vivant hors compétition sur l’échelle de la mignonnité et de l’adorabilité. Extra-doux et parfaitement assorti à mon manteau de fourrure.

Ayant eu maintes expériences assez honteuses avec nos amis les bêtes, c’est une attaque d’oie enragée à l’âge de 3ans + un séjour aux urgences après une morsure de chien de ma nourrice à 6ans + une multitude de poissons rouges et un cochon d’Inde (RIP Gustave) plus tard, que je laissais tomber sur le bas-côté ma douleur et le rejet de ma personne exprimé jusqu’ici par les animaux.

Ma sœur et moi avions alors le coup de foudre pour la jolie frimousse de ce petit lapin de seulement 2mois. Sans même connaître son sexe (ça ne poussant pas tout de suite chez les lapins) mais percevant immédiatement son âme d’artiste et un grand et brillant avenir, nous l’appelions Pablo (en espérant ne pas avoir à la renommer Pablita, en ayant hérité d’une femelle). (Sachez qu’il est d’ailleurs indispensable de doter votre animal d’une identité, pour son épanouissement d’une part, mais aussi parce que celui-ci pourra ainsi disposer d’un dossier chez le vétérinaire où seront inscrits son prénom suivi de son patronyme, enfin du vôtre, comme un véritable membre de votre famille. Bref, fin de la minute 30millions d’amis, d’ailleurs je m’inquiète moi-même à la relecture de ses conseils digne d’un cuniculteur et pourtant écrits de ma propre main…)

Et voici un aperçu de la bête féroce:

photo

Rapidement, toutefois, nous notions des changements comportementaux inquiétants de la part de nos propres personnes, impactant sur l’organisation de notre foyer. Ainsi, serait-il possible d’affirmer qu’un être vivant entièrement revêtu de poils, aux oreilles disproportionnelles au reste de son corps et se nourrissant de foin, puisse être la source de diverses déviances comportementales chez les êtres humains le côtoyant. Nous positionnant face à un véritable phénomène anthropologique en somme.

Premièrement, de plus en plus fréquents furent les cris émis de nos propre bouches déclenchés par notre artiste. Des cris, ou serait-il plus juste de parler de gémissements, de clameurs, d’exclamations, surgissant parfois au milieu d’une phrase ou d’un geste, du type: OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOHHHHH !!!! OHLALALALA !!!! Poutipoutipouti !!! Zazazouuuuuloulou !! Et d’autres encore, trop nombreux et inassumables…

Par ailleurs, il est aussi devenu chose commune de nous entendre nous extasier devant les moindres faits et gestes de l’animal. Oh regaaaarde il se lave !! Viiiiite vieeeens voir il mange ! Mais naaaan, il a éternué !!! Il a fait pipi, oh comme c’est mignon !!! Bravo lapin, bravo !!! Chacun de ses mouvements étant source d’émerveillement, il arrive même souvent parfois que nous poussions ces cris et phrases admiratives au beau milieu d’une conversation ou en plein dîner…Ne nous jugez pas, je vous en prie.

L’impact de cette petite frimousse aux grandes oreilles s’établit également en dehors des frontières de notre foyer…Ainsi, nos amis respectifs sont-ils de plus en plus exaspérés inquiets à la lecture de nos snapchats pablo-qui-court-dans-l’herbe, pablo-qui-mange-une-carotte, pablo-avec-un-ruban-dans-les-oreilles, pipi-de-pablo-sur-mon-lit, et de nos divers hashtags #cutie, #lapinmimi, #pablo, #pablito, #zouzou, etc. En somme, la sphère virtuelle est aussi contaminée.

Sont aussi témoins de notre dévotion à Zouzou (oui, parce qu’évidemment, je pourrais également développer sur tous les surnoms dont nous mattraquons cette pauvre bête…), les clients et membres du personnel du supermarché que nous fréquentons lorsque nous arpentons les divers rayons le caddie rempli de donuts, bonbons chocolatés, biscuits à la carotte, et autres friandises spéciales lapins nains. Nous avons même investi dans une laisse, (un petit extra dans notre budget Pablo)!

Vous l’aurez constaté, adopter un animal c’est aussi renoncer en partie à sa santé mentale (toutefois, je doute que l’impact soit le même chez ceux qui choisissent d’adopter un alligator ou une mygale, ceux-ci étant, au stade pré-adoption, déjà fortement atteint à mon sens…); mais c’est également se doter d’un ami fidèle, doux, muet sans jugement à votre égard, qui ne vous piquera ni amants ni vêtements <3.

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