Le vide-dressing

Au bord de la paralysie sociale et de l’aliénation par le néant d’activités externes à celles exercées au sein du journal pour lequel je travaille tout l’été, je prends le train pour Paris, la raison principale étant ce vide-dressing de rédactrices de mode.

Bon nous y voilà.

C’est bizarre ce qu’on ressent juste avant d’aller faire un tour à ce genre de truc.
D’un côté il y a l’excitation de se retrouver au milieu de ce amas de vêtements et de ne plus savoir où donner de la tête. D’un autre, il y a l’appréhension. Pourquoi vendent-elles ces vêtements? Ils sont démodés, c’est ça? Maintenant qu’elles les ont portés au sommet de leur hypitude, elles les laissent à la populace (pas que je me considère membre de la populace, hein..)? En d’autres termes, où est le piège?
Et puis, il a aussi la peur abominable qui prend au ventre (sans exagération aucune), la crainte d’avoir à faire face aux regards hautains de ces parisiennes déesses de la mode et à la pointe de la moindre tendance, de se voir jugée à l’achat d’un article, de lire la honte et la gêne dans leurs yeux au moment du paiement et les entendre penser « Oh noooon je cède ma robe Sandro à CETTE fille –mou de dégoût- mon Dieu quel gâchis… ».

Enfin bref. Quoiqu’il en soit étant de passage à Paris exprès (et accessoirement pour rendre visite à mes amies), je ne pouvais plus reculer.
C’est ainsi que 2 de mes amies et moi pénétrons l’antre du démon. Je ne saurais déterminer exactement la cause de la sensation spongieuse que je ressens à ce moment-là, j’hésite entre les 35°C extérieur, et de fait les 40°C intérieur et l’angoisse + l’excitation du moment tant redouté attendu.
Nous commençons donc à suer avec les autres au milieu de cette multitude de présentoirs, cintres et autres cartons… A noter que dans ce contexte, transpirer à grosses gouttes, comme les modeuses, s’avère, par conséquent, très tendance.

Les articles sont sympas. Il est vrai que je craignais un peu la vente de sac Vuitton à 5,00€ de moins que le prix initial, mais ce n’est pas du tout le cas. Il y a de tout: robes Claudie Pierlot, maillots de bains Princesse Tam-Tam, baskets Nike, mais aussi chemisiers Zara ou H&M et je tombe même sur un fourreau Jennyfer! Certes, ce ne sont pas les articles les plus intéressants, mais ça contribue à la com’ des rédactrices de modes, c’est-à-dire « on peut être cool et branchés à petits prix » (non, je ne travaille pas pour 100% Mag) ou encore « la vraie mode, c’est l’art du mix and match entre créateurs et pièces à petits prix », enfin vous avez compris!
Et à notre grande surprise l’ambiance est plutôt au vide-grenier branchouille et détente. Alors coup de com’ ou réalité du monde de la presse féminine? Cela dépend de notre appartenance à la catégorie des rabat-joie luttant contre le démon business, ou au clan des bisounours qui voit des licornes partout.

A notre sortie, le bilan est plutôt réjouissant en ce qui me concerne puisque j’ai mis la main sur une robe Maje à franges pour seulement 80,00€. Bon, cela ne m’a pas évité d’être touchée par l’humour gras du «ça va Pocahontas? ehehe» de la part d’un lourdingue du bureau la première fois que je l’ai portée. Mais ma fierté d’avoir pour une fois fait une affaire en est restée intacte (Beaufito n’a qu’à bien se tenir).

Et comme depuis je suis sympa, je vous file le lien pour être au courant des prochaines éditions: https://www.facbook.com/events/231238707070837

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